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Expédition 2014 : Groenland - Ile Ellesmere
Sur les traces de la "2ème expédition du Fram"

Journal de bord



7 oct, Sommarøy

Le 2 octobre à 14h00, nous entrons dans le petit port de Sommarøy et amarrons Southern Star à sa place. Cette manoeuvre ferme une boucle de 8400 milles nautiques (15550 kilomètres) commencée il y a quatre mois et demi au cours de laquelle nous avons pu accomplir avec succès la mission que nous nous étions fixés d'atteindre les ports d'hivernage de la deuxième expédition du Fram. Nous avons traversé des contrées sauvages et pures, des panoramas qui nous ont laissé sans voix, des communautés curieuses et accueillantes. Nous avons été plongés de plain-pied dans l'histoire du Fram et n'aurions jamais pu imaginer au départ que nous serions aussi proches de l'expédition d'Otto Sverdrup. Plus d'une fois nous avons eu l'impression que le Fram pourrait arriver au mouillage ou que des membres de l'expédition pourraient apparaitre dans les paysages grandioses de l'île Ellesmere.
Nous ramenons de cette expédition victorieuse des photos, des dessins et surtout des tonnes d'émotions que nous essaierons de partager avec vous à travers des articles et des expositions. Tout cela reste à mettre en place.

Je tiens à remercier chaleureusement les 30 équipiers qui ont embarqué avec nous et qui ont permis que cette expédition existe.
J'adresse un merci tout particulier à mon équipage permanent Charles Mirassou et Virginie Guarin qui ont abordé ce défi avec enthousiasme, rigueur et professionnalisme. A Gabriel Pitras et Laurine Deboulogne qui ont immortalisé sans relâche des moments, des ambiances, des rencontres ou des scènes dans des conditions parfois difficiles, à Pierre Charles Gueroult pour sa fidélité d'équipier préparateur, il est de tous les coups même les plus farfelus, navigation hors saison, glace, latitude extrême, rien ne lui fait peur. A Roger Pitras pour la gestion de notre camp de base français, à Vonne Blanchet qui a alimenté notre site durant l'expédition, à Laurence Frémion pour le soutien logistique et administratif et la gestion du camp de base à Sommarøy.

Ainsi s'achève notre campagne polaire 2014, un grand merci à tous, et à bientôt pour la suite des activités 69NORD.


30 sept , Lødingen
68°25’N - 16°E


28 sept
Sandnesjøen, 66°01’ N - 12°38’ E


27 sept
Brønnøysund, Norvège

19:00 heure locale : Nous quittons Brønnøysund en direction de Sandnessjøen où nous devrions trouver un abri avant la deuxième dépression. La distance est courte mais je ne suis pas certain de trouver mieux plus au nord.


26 sept
Brønnøysund, Norvège

14:00 heure locale : Après une très bonne nuit (enfin !), nous encaissons la première dépression. Grand vent mais pas de vents catabatiques et nos amarres tiennent. La situation est tout à fait supportable et nous en profitons pour nous reposer.


25 sept
Brønnøysund, Norvège

14:00 heure locale : Arrivée à Brønnøysund, Norvège. Nous nous amarrons solidement à un ponton avec les amarres de gros temps pour encaisser la première dépression. Le capitaine du port est un peu inquiet mais cette solution nous semble la meilleure et nous avons son accord pour rester à ce ponton flottant.


24 sept - 18:00 UTC
64°12'N - 009°44'E

20:00 heure locale : Nous nous battons pas mal avec des conditions de vent irrégulier, des grains, de la pluie, bref, les quarts de repos se passent pas mal sur le pont. Nous allons nous rapprocher de la côté un peu avant Trondheim en passant entre les îles Frøya (« la mer de la demoiselle », de bon augure…) et Hitra puis en prenant la Frohavet en direction de Rørvik. Nous sommes actuellement à 40 milles du passage entre les deux îles. Nous relâcherons probablement à Rørvik, ça semble difficile de pouvoir avancer plus avant le mauvais temps.


23 sept - 18:00 UTC
64°23'N - 005°24'E

20:00 heure locale : Le plan idéal ne marche pas, pas de Lødingen, peut-être Trondheim, peut-être Rørvik, à voir. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il faut qu'on soit en sûreté sous 48 heures. Nous verrons bien où ça nous mène avec le vent contraire. Nous avons sorti la grand' voile, à 3 ris mais nous l'avons sortie. Nous sommes à moins de 500 milles de Sommarøy.


22 sept - 18:00 UTC
63.29'N - 000°34'W

20:00 heure locale : Nous filons bien, sur une météo assez challenge. Si nous continuons à bien avancer et que le modèle se confirme, nous devrions pouvoir rejoindre le fond du Vestfjord, plus précisément le village de Lødingen le 25 au soir avant que n'arrive un fort flux de sud qui risque de durer plusieurs jours. Ce scénario idéal reste fragile car il se trouve sur des marges de zones sans vent qui peuvent évoluer différemment de la prévision. Quoi qu'il en soit, nous suivons le plan, essayons de tenir la vitesse et nous verrons bien. Cette route sud nous fait longer la côte sur l'extérieur à partir de Trondheim environ mais assez proche afin de pouvoir trouver un abri rapidement si la situation l'exige plus tôt que prévu. Les options sont assez ouvertes et surtout tiennent compte de possibilités de repli intéressantes au cas où.


21 sept - 18:00 UTC
63°15'N - 007°16'W

20:25 heure locale : Nous avançons dans des airs irréguliers mais avançons quand même et plutôt dans la bonne direction ce qui est pas mal. Route à l'instant au 75/80 à 7,5nds, nous sommes quasi au nord des Féroé.

13:45 heure locale : Ca y est, le flux d'air attendu est là et s'étend désormais devant nous. Nous pouvons sortir les chevaux. Nous suivons le 63°15'N maintenant pour ne pas avoir à refaire au sud ce que nous avons perdu en l'attendant. Il se pourrait même que le nouveau modèle météo nous permette de faire une route plus nord. Nous devrions être en mesure d'atteindre les côtes norvégiennes sans gros mauvais temps, la question est maintenant de savoir grosso modo où se situera la zone d'atterrissage, sachant que moins nous aurons à remonter dans les insides mieux se sera. L'idéal serait de pouvoir faire un direct Lofoten en rasant la côte et en se mettant à l'abri si besoin.

11:00 heure locale : Nous avons vraiment quitté les eaux islandaises maintenant, nous approchons du nord des îles Féroé. Le vent commence à rentrer au sud, nous ne faisons pas encore la route mais ça ne saurait tarder semble-t-il.
Le temps est gris mais sans pluie, la mer est grise mais sans grosse houle, le ciel est gris mais sans gros nuages. Bref, ce doit être le sommet de la dorsale anticyclonique. La nuit dernière était bien noire, heureusement qu'il n'y a pas trop de nids de poules dans la région. Nous touchons un flux d'air dans lequel nous ne pouvons pas avancer vite sous peine de s'encalminer de nouveau. La zone de vent avance heureusement plus doucement que nous.


20 sept - 18:00 UTC
63°13'N - 012°40'W

20:00 heure locale : Nous faisons route sur le 63°13'N. Nous ne savons toujours pas si nous pourrons faire une route le long de la côte ou s'il faudra se faufiler dans les insides depuis Tronheim. Le grib de demain devrait commencer à nous donner des options. Si non, la situation est plutôt bonne, nous devrions toucher du vent de sud tournant SW à 2 - 3 jours sans rien de méchant, affaire à suivre donc. Nous sommes à 822 milles de l'arrivée mais mais sur une route à 45 degrés plus sud.

Nous avons commencé la journée avec un beau soleil puis vers 10/11 heures un front nuageux est arrivé et ne nous a plus quittés. Ce qui est pris est pris, la nuit dernière également était claire, Orion sur tribord avant, les pléiades à bâbord, sous le tangon et les aurores qui ne nous ont pas lâchés de la nuit sur tout l'horizon nord, interrompues au nord ouest par la mystérieuse lueur rouge.

12:46 heure locale : Nous sommes à 848 milles de l'arrivée, la distance diminue, petit à petit. Pour l'heure nous sommes dans les calmes attendus et roulons pas mal sur une houle de SW bien formée. La nuit dernière, une lueur rougeoyante illuminait le ciel dans notre NW, au début, nous avons pensé aux lumières d'une ville mais la lueur était trop rouge pour que ce soit le cas. Qu'en est-il du volcan Bardarbunga ? en tout cas le phénomène semblait bien venir de cette position, ou au moins de la région du Vatnajokull. Nous attendons le vent de sud en suivant le 63°14'N. Cette route nous fera passer à 50 milles des Féroé.


19 sept - 18:00 UTC
63°10'N - 018°14'W

20:10 heure locale : Voiles tangonnées à 9/10 nds, ça avance, malheureusement ça ne durera que jusqu'à demain matin, nous en profitons. Soleil, du vent (aucune houle résiduelle), plutôt bonne visi, des petrels fulmars par dizaines et deux rorquals en guise d'au revoir c'est pas mal. Les islandais font bien les choses. A priori, la route sud se confirme, nous allons rester sous le 63ème N un certain temps.


14 sept - 22:00 UTC
63°26' N - 020°16' W

Nous sommes amarrés au port Heimaey, ile principale des Vestmann.
L'entrée est particulièrement impressionnante au pied de falaises de lave. Nous nous réjouissons tous de pouvoir faire une nuit complète.

19:50 heure locale : Nous marchons encore très bien, ambiance programme essorage car nous sommes avec une mer forte de travers. En revanche il ne nous reste plus que 94 milles à parcourir. C'est le run final à 8/9 noeuds. Le brouillard est de la partie, le radar veille.
Cette nuit nous avons vu à deux reprises des ORNI (objet radar non identifié). L'écho était assez franc, gros, se déplaçait avec le vent et proche de nous entre 1/2 et 2 milles. La nuit ne nous a pas permis d'identifier quoi que ce soit mais nous pensons à une colonne de pluie car l'objet ne faisait pas plus de 200 à 300 mètres de diamètre la première fois. Lors de la deuxième observation, c'était un peu plus large, environ 500 mètres. Le premier objet est passé juste derrière nous tandis que le deuxième est passé devant à 3/4 de mille.


13 sept - 22:00 UTC
61°40'N - 25°17'W

19:50 heure locale : Une nuit et une journée de grand frais et nous devrions pouvoir atterrir demain soir aux Vestmann, pour autant que le vent ne refuse pas dans la nuit, affaire à suivre. Nous rêvons tous d'une bonne nuit et d'une bière bien fraîche, avec des frites en ce qui me concerne.
Ca fait drôle comme à chaque fois de se dire qu'il n'est plus nécessaire de veiller la glace. Nous devrions en revanche retrouver un peu de trafic, des pêcheurs peut-être. La mer envoie pas mal... De toutes manières les conditions sont musclées depuis le départ, même quand c'est l'accalmie, il faut se battre avec la toile qui claque. Mais nous marchons bien c'est l'essentiel
Nous nous mettrons à l'heure islandaise (TU) dès notre arrivée en Islande, et à l'heure France/Norvège (TU+2) dès notre départ d'Islande. C'est à dire que pour la dernière étape nous n'aurons plus de décalage horaire avec le temps européen et 2 heures de moins durant notre escale islandaise.

10:30 heure locale :Nous entrons dans les 200 milles de la zone économique islandaise. Le vent a tourné comme prévu vers le sud. Nous sommes vent de travers à 8 noeuds. Les conditions devraient se durcir dans les prochaines heures, vent plus fort et plus sur l'avant mais nous devrions pouvoir être capable de conserver la route vers les Vestmann. J'ai choisi cette île car il n'est pas facile d'y venir ou en tout cas, c'est moins évident que de visiter par exemple Grindavik lors d'un voyage en Islande. Ainsi aurons-nous visité les deux îles habitées sud et nord de l'Islande.
Le bateau ne roule plus mais envoie pas mal sous le vent avec une mer qui commence à être bien formée. Normalement nous devrions arriver demain en soirée ou après demain matin. Nous sommes à 247 milles de notre objectif.


12 sept - 22:00 UTC
60°27' N - 030°23' W

Nous avons fait une très bonne journée pour la moyenne générale, régulièrement entre 8 et 10 noeuds. Southern Star s'en donne à coeur joie dans la grosse houle, le vent reste globalement sur l'arrière et nous jouons avec les tangons en fonction des petites variations de direction.
Hier, nous avons eu la visite d'un petit oiseau de type moineau (nous ne l'avons pas encore clairement identifié) auquel nous avons donné du pain imbibé d'eau pour qu'il puisse boire, du beurre et des graines récupérées dans le pain noir. Il a bien mangé, bu, bref consommé chaque denrée que nous lui avions présenté puis à fait un brin de sieste avant de s'envoler.

Nous venons tout juste de passer sous la barre des 500 milles restants pour arriver en Islande. Il est raisonnable de penser que nous pourrions arriver dans trois jours, c'est à dire le 14 en soirée. Evidemment il est encore un peu tôt pour être précis.
Ce soir c'est lasagne, Virginie a du mérite car à 9 noeuds, les coups de roulis sont parfois violents. Nous nous en léchons les babines à l'avance.


11 sept - 22:00 UTC
59°45' N - 036°13' W

Nous sommes dans un grand frais de SW qui nous pousse vers notre destination. Nous devrions sortir la nuit prochaine de la zone limite des glaces. Nous conserverons toutefois la veille radar la nuit car je garde bien ancré dans ma mémoire l'image dans cette région d'un gros tabulaire apparaissant au petit matin alors que nous étions 300 milles au-delà de la limite et que nous avions décidé cette nuit-là de cesser la veille. C'était en 1999 à la sortie du NW. Nous resterons donc vigilants au-delà de la limite donnée par l'Arctic Pilot. Cette nuit, nous avons eu droit à une belle aurore boréale au nord malgré la présence dans le sud de la pleine lune. Son intensité devait être particulièrement forte.


10 sept - 22:00 UTC
58°52' N - 041°55' W

Nous sommes repartis avec les tangons de l'autre côté. Ca avance pas mal mais l'équilibre des toiles est fragile. Nous allons manoeuvrer une fois de plus, juste après le PR quotidien. A 3 jours, la dépression très creusée qui sévit en mer du Labrador franchit le cap Farewell et nous donnera au sud-ouest de l'Islande des vents de S/SE. Pour l'instant le modèle qui s'arrête au 14 sept 02h00 UTC ne me permet pas de savoir si elle va se combler, faire route dans le détroit du Danemark ou sur l'Islande, rester stationnaire, prendre de la vigueur. C'est elle qui va décider de nos conditions d'atterrissage. Il me tarde déjà d'avoir le nouveau grib pour voir ce qu'il dit. En attendant nous devrions faire une belle route cette nuit avec un grand frais de SW de 15-20 noeuds. Nous observons encore un iceberg tabulaire à 58°19'N - 044°34'W.


9 sept - 22:00 UTC
58°08' N - 046°40' W

20:00 heure locale : Aux environs de 2h00 heure locale, nous devrions passer la longitude du cap Farewell sur le 58ème N. Nous avons une situation météo qui se présente plutôt bien pour notre course vers l'Islande. Pour l'heure, nous sommes à 9 noeuds toujours les 2 voiles tangonnées. Le bateau passe bien et nous avons retrouvé un confort normal d'allure portante.

10h30 heure locale : Le vent tombe, nous commençons à renvoyer de la toile. Il me tarde de voir le nouveau modèle mais celui d'hier prévoyait un flux portant à 20 nœuds sur les 4 prochain jours ( 20 noeuds de grib peuvent donner du 25/30 noeuds ce qui est parfait pour faire de la belle route). L'option de dégagement a très bien marché. Nous avons serré au maximum le centre de la dépression sans tomber dans le calme du vortex. Cette nuit, la mer était grosse mais assez bien rangée, le bateau avançait bien sans faire un gros boulot à la barre. Nous devrions relancer de la toile progressivement toute la journée pour maintenir l'allure tandis que le plan d'eau va se calmer.
La chape de plomb que nous avions au-dessus de nos têtes de puis le départ de Nuuk a fait place à un ciel de traine (CuCo 6/8ème) qui laisse une belle place pour le soleil. Nous nous acheminons vers le 58ème N que nous suivrons pour passer Farewell. La carte de glace d'hier donne des icebergs seulement au nord du 59°N. Nous gardons évidemment la veille. L'équipage est sur les rotules mais ils vont pouvoir se refaire une santé très rapidement.


8 sept - 22:00 UTC
58°48' N - 051°35' W

13:00 heure locale : Nous sommes toujours dans la mécanique du mauvais temps, les quarts s'enchainent avec plus de sourires sur le visage de ceux qui quittent le pont que ceux qui montent. En revanche les visages en général reprennent couleurs et les rires reviennent durant les quarts. La situation est stable et "Southern Star" fait du beau boulot. Bien sûr il nous tarde d'entrevoir l'accalmie, qui devrait arriver demain mardi en fin de matinée. La lune est pleine ce qui est pas mal car nous conservons une nuit claire malgré la couverture nuageuse. Nous n'avons plus vu d'icebergs depuis 2 jours et nous ne nous en plaignons pas.

20:00 heure locale : Nous sommes en route pour passer le cap Farewell. Les tâches s'enchaînent vite et les repos fondent comme neige au soleil. Nous sommes dans la baston, grosse mer en comparaison du vent. Un tout petit bout de chaque voile avant tangonnée et nous filons 7/8 noeuds. Tout va bien mais l'équipage est fatigué, certains, même amarinés, n'ont pas mangé depuis une trentaine d'heures. Nous tenons la situation avec Charles, le second, et le bateau reste confort dedans malgré, cette fois, le programme essorage. Nous devrions garder ces conditions jusqu'en milieu de matinée demain.


7 sept - 22:00 UTC
60°42' N - 054°46' W

20:00 heure locale : La pluie ne nous lâche pas depuis hier, et j'ai des pensées émues pour les voiliers qui rencontrent ce type de conditions sans avoir notre équipement. Sur "Southern Star" le cockpit est sec, nos vêtements aussi du coup, l'intérieur est chaud et sent bon le riz au lait que Virginie nous a préparé pour la nuit. C'est sûr que quand le vent va monter, l'ambiance va un peu changer mais nous devrions garder des conditions de navigation dignes de notre fier bateau, tout du moins je l'espère vivement. Depuis une heure environ, nous sommes en route au 175 fond, c'est à dire que nous avons cessé de mettre de l'ouest dans notre route pour faire le bord de dégagement par rapport à la dépression. Nous ne faisons pas encore la route directe prévue mais ça ne saurait tarder. Nous n'avons pas vu d'iceberg de la journée, certes la visibilité n'était pas terrible mais nous devrions être sortis de la zone de forte fréquentation. Nous la retrouverons pour un temps sur la première partie est de Farewell. Evidemment nous gardons la veille radar.

10 :30 heure locale : Nous tirons toujours notre bord de dégagement au sud-ouest pour nous positionner favorablement par rapport à la dépression. L'ambiance est humide, un peu ventée pour l'instant mais pas trop, quelques estomacs qui accusent le coup mais surtout beaucoup de mal pour les équipiers à se faire au rythme binaire de 12 heures par jour. En revanche l'intérieur est sec, chaud et douillet. Normalement nous devrions pouvoir mettre enfin de l'est dans notre route en fin d'après-midi et commencer à prendre du vent fort dans le courant de la nuit et ce pour 24 heures environ, ça devrait être au portant et nous devrions pas mal avancer.


6 sept - 22:00 UTC
63°01' N - 052°29' W

06:00 heure locale : En route vers une dep qui n'existe pas encore, ou la logique de la boule de cristal.
Nous faisons route au 210, pour contourner une dépression qui n'existe pas encore. Quoi qu'il en soit, si le modèle météo prévoit bien, nous serons placés pour encaisser la cartouche au portant. Pour l'heure, nous avons eu droit à une belle journée sans vent et de la houle résiduelle, ça roule pas mal mais ce n'est pas non plus le programme essorage. Ce matin un peu avant de quitter la côte du Groenland, deux baleines à bosse et une centaine de phoques nous ont fait leurs au-revoirs, une belle image de départ. Nous n'avons vu qu'un seul iceberg depuis que nous sommes au large ce qui va nous permettre d'aborder la nuit plutôt paisiblement. Le radar veille bien entendu mais de petits morceaux seraient difficiles à identifier avec une telle houle. N'oublions pas qu'il ne faut pas grand-chose pour qu'un morceau de glace soit dangereux. Un bloc de 10 mètres sur 10 pèse 1000 tonnes et ne dépasse de l'eau que d'un mètre cinquante environ. Heureusement, de tels morceaux sont rares et les quelques-uns que l'on pourrait trouver au large sont en général associés à un plus gros iceberg duquel ils se sont décrochés et qui est en général visible au radar. Nous venons de dégager les bancs du plateau continental et commençons à nous trouver avec beaucoup d'eau sous la coque, la houle devrait s'organiser et la mer devenir plus agréable.
Les quarts se succèdent désormais au rythme régulier de 3 heures la nuit et 4 heures le jour. Tout le monde est à la même enseigne cette fois au niveau du sommeil car j'ai fait seulement 2 quarts équipiers pour laisser Virginie, notre cuisinère, hors quart.

06:00 heure locale : Nous quittons le port de Nuuk, sous un vent de sud à 10 noeuds. En fonction des prévisions météo nous ferons route vers le sud-ouest pour atteindre le 55W et continuerons vers le sud pour passer le Cap Farewell et continuer vers l'Islande.


5 septembre – 22:00 heure locale

Nous sommes toujours dans la tempête mais sur la bonne pente, le vent devrait diminuer d'un instant à l'autre. Nous attendons le nouveau grib qui nous donnera une prévision à 8 jours et nous appareillerons peut-être dans l'après-midi, à voir.


2 septembre 15:20 heure locale

Nous suivons avec attention l'évolution de l'éruption du Bardarbunga en Islande, que nous devrions contourner par le sud. Pour l'heure, une dépression est attendue vers Nuuk et nous devrons probablement être patients.


1er sept - 10:00 heure locale
Nuuk

Nous voilà arrivés à Nuuk avec un jour d'avance et déjà ça enchaine. Nos prochains équipiers arrivent en fin de matinée. Cette étape a été une très belle étape bien remplie. Une bonne équipe, de bonnes conditions météo, la petite touche d'adversité qui rappelle que nous sommes au bout du monde et surtout les 4 ports d'hivernage atteints. Cette escale à Nuuk devrait être de courte durée et nous prévoyons de repartir le 4 septembre.


31 et 30 août - 20:00 heure locale
64°08' N - 051°23' W


29 août - 20:00 heure locale
64°55' N - 052°46' W


28 août - 20:00 heure locale
65°24' N - 052°53 W

5h00 : Nous sommes actuellement à 8,5 nœuds sous yankee tangonné, ça marche du tonnerre. Nous avons eu droit à une aurore boréale majeure, vue en coupe ou sur la tranche, incroyablement dense, au zénith, du jamais vu en ce qui me concerne en vingt ans d'observation. Difficile de décrire exactement, dense comme un bouillonnement, un jaillissement de lave pour son aspect à la fois fluide et dense, évidemment le tout à l'envers, un phénomène du haut vers le bas. Un spectacle fascinant qui a duré une bonne minute. En revanche l'activité aurorale a duré toute la nuit avec parfois une forte intensité qu'il s'agisse de la lumière verte ou rouge ou des mouvements.
Autant dire que l'équipage est comblé, une belle continuité d'une magnifique journée dans la campagne groenlandaise. Mais désormais, nous allons à la ville, nous devrions y arriver vers 18h00, juste pour trouver la place à quai, idéalement.


27 août - 20:00 heure locale
66°52' N - 053°33' W


26 août - 20:00 heure locale
66°58' N - 054°11' W

6h30 : Un lever de soleil rougeoyant comme la braise malgré le plafond bas. Dans une trentaine de milles nous recouperons nos traces de la montée, engagés dans les passages intérieurs nous menant à Aasiaat. Nous allons pouvoir lâcher un peu la machine et mettre à la voile dans quelques instants Chose étonnante, nous avons désormais la côte à une vingtaine de milles par le travers babord et nous n'avons toujours pas de courant contraire, où est-il ? Le plan d'eau est absolument libre de glaces depuis plus de 24 heures. C'est à croire que l'ensemble de la baie de Baffin est chaud.


25 août - 20:00 heure locale
69°16' N - 055°35' W

4h00 : Le vent est complètement tombé comme le prévoyait le GRIB. Le plan d'eau s'assagit d'heure en heure et nous ne nous faisons pas trop rouler, ça reste relativement confortable. Je vais essayer de ne pas relâcher avant Manitsoq malgré une rotation du vent qui s'annonce de face. Ce ne sera pas trop fort et surtout de courte durée. Je préfère assurer, car dans le coin du dernier modèle j'entrevois une dépression potentielle qui s'établirait contraire plus durablement.


24 août - 20:00 heure locale
71°05' N - 060°37' W

Nous avons eu droit à un très bel après-midi de dimanche avec du soleil, une brise régulière qui tient la toile sans que ça claque, bref un moment paisible et depuis une heure environ, le vent redevient irrégulier et capricieux ce qui diminue considérablement notre confort et surtout augmente la pression des voiles, qui souffrent. Le modèle prévoit que le vent s'écroule complètement dans la
nuit et nous contraigne à faire 36 heures de moteur jusqu'à ce que le vent se lève de sud. Le plan est alors de mouiller quelque part pour attendre la renverse. Le rythme des quarts s'est installé et le
tintement de la cloche annonçant l'heure des repas ainsi que les relèves d'équipe ponctuent nos journées. Les icebergs sont peu nombreux.

24 août - 8:30 heure locale

Nous sentons vraiment que le rideau se referme et qu'il est temps de faire du sud. Nous croisons d'ailleurs pas mal d'oiseaux migrateurs en mer. Les grains sont accompagnés de plus en plus souvent de neige. Il nous reste 610 milles à parcourir jusqu'à Nuuk et nous restons concentrés. Il vaut mieux, car la traversée des champs de bourguignons sous le vent des icebergs à 9 nœuds ne donne que peu de droit à l'erreur.

Si le modèle est bien calé, nous devrions garder ce régime-là encore 24 heures environ. Nous devrions nous trouver alors au large de Disko. En faisant du sud, nous retrouvons la nuit, tout à l'heure j'ai mis l'éclairage du compas pour la première fois de l'expédition, c'est un signe. Le radar veille les icebergs mais la nuit n'est pas encore complètement noire. Si nous sommes en avance, j'envisage de faire escale dans la région de Manitsoq que nous n'avons pas visitée sur la montée. Notre retour dans le sud nous expose de nouveau à la chaleur et nous avons éteint de petit poêle car il faisait trop chaud dans le bateau. Nous chauffons l'arrière par petit coup chaque fois que nous
allumons le groupe et c'est bien suffisant. Le carré et l'avant restent tropicaux pour le plus grand plaisir des équipiers hors quart qui lisent dans le carré.
Finalement, nous aurons vu deux ours polaires sur cette expédition. Je n'en espérais pas tant.


23 août - 21:10 heure locale
72°51' N - 066°01' W

Après une nuit difficile, nous retrouvons une bonne allure. Cette nuit le vent était instable en force et direction, selon les passages de grains accompagnés de pluie. Les voiles claquaient régulièrement, bref ce fut une navigation en filigrane de grains en grains, changeant de cap toutes les dix minutes, le tout sous la pluie, tourné vers l'arrière pour affiner au maximum et éviter autant que possible que les voiles ne claquent. Nous sommes passés en zone groenlandaise. Je vais avoir le plaisir ce soir d'envoyer mon plan de route à Greenpos et de re-négocier la dérogation à un seul rapport quotidien. Pour autant que l'équipe soit sensiblement la même qu'il y a dix jours, ça devrait être possible.

La carte de glace du pôle nord du 20 août est intéressante (voir la carte):
- Concentration totale + de 90%
- dont 90% de glace fine de 1ère année (de 30 à 70 cm)
- et - 10% de glace épaisse de 1ère année (plus de 120 cm),
- le tout en vastes plaques de 2 à 10 kms.

Ceci confirme les infos d'il y a deux ou trois ans d'un brise-glace russe qui n'avait pas trouvé de glace d'une épaisseur supérieure à 60 cm entre le Pôle Nord et le Spitsberg.
En revanche, les cartes de glaces récentes semblent indiquer que l'entrée Est du passage du Nord-Ouest ne soit pas évidente cette année. A analyser de plus près.


22 août - 21:10 heure locale
74°32' N - 072°59 W

Nous sommes dans le vif du sujet. La baie de Baffin s'étend à l'infini devant nous.
A 22h50 TU nous sommes par : 74°32',6 N et 072°59',5 W.
Les deux voiles d'avant sont tangonnées et nous retrouvons le roulis des allures portantes. Nous parons les icebergs les uns derrière les autres mais ils ne sont pas nombreux pour l'instant. Malgré le fort roulis, je me réjouis de ne plus avoir la pression de la banquise, des hauts fonds potentiels et des zones non hydrographiées en général. C'est en sortant de la zone que je me suis rendu compte de la pression constante exercée. Nous avançons sur la route à 7/8 nds. Aujourd'hui il a fallu pas mal manoeuvrer et les quarts de repos ont fondu comme neige au soleil.

22 août - 18:20 heure locale

Nous quittons les eaux canadiennes et saluons les garde-côtes avec qui nous avons été en contact au cours de ces derniers jours. Nous leur indiquons avoir trouvé tous les ports d'hivernage du Fram et notre joie d'avoir fait ce beau pèlerinage. Nous recevons un message de sympathie.


21 août - 20:00 heure locale
75°50' N - 081°14' E

Nous sommes à la sortie du Jones sound. Le plafond est bas mais dessous la visibilité est excellente et nous pouvons voir sans problème Ellesmere, Coburg et évidemment Devon que nous contournons de
tout près. La prévision pour les prochains jours est bonne, nous devrions avoir du portant. Nous traçons directement sur Nuuk car la route est longue.

21 août - 05:30 heure locale

Nous avons pris la route, par un temps idéal : pluie, nouvelle neige au-dessus de 100 mètres, brume… L'heure de la migration a sonné et je me réjouis de diriger l'étrave de "Southern Star" sur la route du retour. Nous avons fait une belle campagne polaire jusqu'à présent et tout est en œuvre pour que ça continue.


20 août - 20:55 heure locale

Le mauvais temps continue mais le mouillage reste calme. Cet après-midi, nous avons continué les recherches en direction de la rivière et nous pensons avoir trouvé l'endroit. Pas mal d'indices concordent : une forme au dimension du canot, des graviers qui semblent ne pas être arrivés là naturellement, des traces de quelque chose de lourd qui aurait été tiré depuis la plage, des balles, des morceaux d'os de lièvres, des clous qui semblent vieux, bref rien de sûr mais il nous semble bien que nous étions sur le site. Nous avons pris plein de photos, avons mesuré chaque objet et chaque lieu, un rond de pierre par exemple qui aurait été mis pour tenir une tente, etc. Nous avons tout remis à la place exacte où nous l'avons trouvé. Les douilles de balles sont marquées. Nous devrions ainsi, avec ce que nous ramenons en photo et en mesure, pouvoir dégrossir le terrain et savoir si ce lieu est bien "Baadhuset". Evidemment, nous en avons l'intime conviction mais nous pouvons être influencés par notre enthousiasme.
Nous allons appareiller cette nuit en direction de Nuuk. L'heure du départ reste à fixer en fonction de la renverse de vent qui est en train de se produire au moment où j'écris.

20 août - 10:40 heure locale

La dernière carte de glace nous démontre que les options prises étaient les bonnes, l'île Pim est désormais fermée et la glace du Jones Sound accumulée dans le fond du fjord, comme prévu. Par ailleurs cette carte m'apaise car je caressais l'espoir de pouvoir pénétrer en baie des Norvégiens mais je sais cette fois que c'est impossible à cause de la glace. Pas de regrets donc. Nous devrions entreprendre la sortie du Jones Sound cette nuit vers 2 heures du matin en direction de Nuuk en restant côté Terre de Baffin. Il se peut que nous fassions escale sur la Terre de Baffin en cas de mauvais temps pour nous abriter.
Nous allons débarquer pour pousser au bout ce que nous avions entrepris avant l'arrivée de l'ours hier mais la configuration du terrain ne nous laisse que peu d'espoir de trouver des traces éventuelles de Baadhuset. Les parties horizontales sont une succession de petits bassins entourés de gravier et on sent très bien que l'ensemble est très fluide et a surement beaucoup bougé depuis un siècle.


19 août - 20:05 heure locale

Après une longue nuit réparatrice, ce matin peu après le petit déjeuner, nous avons aperçu un renard qui passait sur la plage, puis nous avons débarqué pour arpenter la grève vers le nord à la recherche d'éventuelles traces de "baadhuset". Un aller retour de 4 kilomètres environ ne nous a pas permis de déceler le moindre indice. L'idée une fois de retour sur le lieu de notre dépose était de pousser au sud cette fois jusqu'au lit d'une rivière proche mais un ours aperçu au loin, à environ 350 mètres, nous a incité à quitter les lieux avant. Depuis, le vent s'est renforcé et il pleut, nous avons donc
remis le débarquement à demain. Nous avons pu suivre l'ours pendant longtemps avant qu'il ne disparaisse derrière une pointe en direction du glacier le plus proche.
Nous sommes donc toujours au mouillage, tandis que le vent semble souffler fort dans le Jones Sound. Mais du bateau, rien ici ne permet de soupçonner autant de vent dehors, nous sommes plutôt bien, le poêle qui chante et les bouts du tangon qui frappent contre le mât tout au plus, pas de coup de gîte, pas de williwows, quelques rafales, mais rien d'inquiétant. Sverdrup a eu la même analyse, il mentionne plusieurs fois dans son récit les nuages qui filent à toute allure dans le Jones Sound alors qu'eux sont paisiblement au mouillage dans Havnefjord.


18 août - 19:50 heure locale
76°25'543 N - 086°25'131 W

Nous venons d’arriver à Baadfjord, dans l’est de Goose Fjord. Nous avons choisi l’emplacement du mouillage en fonction de tous les indices que nous avons pu rassembler pour identifier le lieu de « Baadhuset », mais il est possible que le canot ait été récupéré l’été suivant la construction de cet abri.La météo devrait se dégrader pour les prochaines 48 heures et il aurait été difficile de pousser plus à l’est. A priori les fonds sont de bonne tenue et devraient nous permettre d’attendre que le coup de vent passe. En fonction des conditions de mouillage cette nuit, nous ferons une tentative de repérage à terre demain ; le lieu est vraiment désolé.

18 août - 08:30 heure locale

Peu après être passé de nouveau devant le 4ème port d'hivernage sur le retour, nous voyons une soixantaine de morses au pied d'une falaise. Nous arrêtons la machine pendant une heure pour nous imprégner de l'ambiance. Le fjord est calme et les grognements portent loin. Nous sommes à la dérive à 250 mètres d'eux, une belle observation. Au moment du départ, le bruit du moteur crée un mouvement collectif parmi les morses au point que je crains qu'ils ne partent tous à l'eau mais dès qu'ils voient l'étrave s'éloigner , ils se calment et tout rentre dans l'ordre, à mon grand soulagement.


17 août – 20:10 heure locale
Goose Fjord (3ème port d'hivernage)

Ca y est : nous avons atteint l'objectif de l'expédition en ayant pu atteindre tous les ports d'hivernage de la deuxième expédition du Fram. Mission accomplie !! Nous prenons quelques heures de repos et repartirons à 2h00 du matin. Le Goose Fjord est sans fin avec ses eaux non hydrographiées, la sortie sera plus relax. Nous envisageons d'aller sur Baadfjord où des membres de l'expédition avaient trouvé abri en retournant un canot sur la plage puis étaient rentrés au bateau en abandonnant le canot. Peut-être trouverons-nous des traces ......?
Nous mouillons dans le fond de Goose Fjord par 76°48',872 N et 088°31',377 W, pas moyen d'aller plus loin, c'est l'endroit du 3ème hiver. Le 4ème est plus bas dans le sud du fjord, nous sommes passés devant dans l'après-midi.

17 août – 16:15 heure locale

Nous venons de valider le 4ème port à l'instant, nous nous dirigeons plus au nord, au fond du fjord pour valider le 3ème.

17 août 2014 - 07:25 heure locale

Nous sommes à 20 milles nautiques de l'entrée de Goose Fjord et toujours pas de glaces sérieuses en vue. Nous ne nous en plaindrons pas. La température a bien chuté ces derniers jours, nous avons maintenant du givre sur le pont le matin. Notre allure est assez lente car nous avons du vent contraire sur notre route. Quand le courant est avec nous ça va, quand il est contraire, il faut prendre notre mal en patience. Le fjord est sans fin, nous allons le remonter tout doucement si les conditions sont bonnes. Nous n'avons pas de photo originale du Fram au mouillage dans ce fjord et donc nous prendrons des photos sur les lieux où les hivernages sont indiqués. Nous avons perdu le compas, vive le GPS… !


16 août 2014 - 20:40 heure locale

Nous avons quitté le 2ème port d'hivernage du Fram il y a 4 heures en direction de l'ouest vers les 3 et 4ème ports. A 22h30 UTC nous sommes par : 76°13'N - 084°02'5 W.
La visibilité est bonne, pour l'instant pas de glaces qui pourraient compromettre notre avance en vue.
Pour info, les coordonnées du 2ème port sont : 76°30',145 N - 083°54',630 W.


15 août - 00:10 heure locale
Grise fiord

Etant sortis des eaux groenlandaises, je ne suis plus tenu d'envoyer mon rapport quotidien aux autorités. Nous sommes arrivés à Grise Fiord ce matin après une étape de 250 milles nautiques et avons enchainé sur les formalités et la logistique, j'avoue avoir oublié le rapport de position à 20h00. L'accueil de la police montée canadienne a été extrêmement chaleureux, ils nous ont assisté pour toutes les tâches logistiques dont nous avions besoin.
La dernière carte des glaces permet d'envisager un accès au deuxième port d'hivernage et peut-être au troisième, ce n'est pas gagné. Nous verrons.

15 août 2014 - 23:40 heure locale
76°30' N - 083°54'632 W
Havnefjord, 2nd port d'Hivernage du Fram

Voilà le second port d'hivernage du Fram validé, avec des photos prises sous le même angle que celles de Sverdrup. Nous sommes donc dans Havnefjord, notre position est : 76°30'141 N - 083°54'632 W. C’est une belle journée, calme au niveau de la météo mais riche d'émotions. D'abord celle d'être arrivés au 2ème port d'hivernage, c’est assez extraordinaire. Comme nous avait prévenu Otto Sverdrup, il y a trop de fond ici pour mouiller correctement, nous avons donc choisi pour la
troisième fois de l'expédition une grosse pierre pour nous y amarrer. En arrivant, nous avons eu la surprise (Charles & Gaby) de découvrir des broches qui avaient été posé sur le caillou. Nous imaginons qu'elles ont été posées par l’équipage du Fram… Sur la hauteur se trouvent les restes de la croix de la tombe d’Ove Braskerud, un des membres de l’expédition Sverdrup décédé là en 1899, à 27 ans. Nous avons trouvé l'endroit exact d'où a été prise une photo contenue dans le livre de Sverdrup qui nous permet d’identifier clairement sa croix, mais la partie horizontale avait disparu. Autre émotion, nous avons rencontré un haut-fond au beau milieu du fjord, nous nous sommes arrêtés sans toucher mais l'étrave était dans 1,5 mètre d'eau, une petite frayeur ! Je venais de prendre la barre dix minutes avant pour faire face à une telle éventualité... Des buttes non hydrographiées, nous savons qu’elles sont nombreuses, mais celle-ci se trouvait justement dans une zone hydrographiée, ce qui est dangereux évidemment car on a tendance dans ce cas à se reposer sur la carte.

Nous appareillons demain vers l'ouest pour essayer d'accéder à Goose Fjord où se trouvent les 3ème et 4ème ports d’hivernage du Fram. Les conditions de glace laissent entrevoir que si nous arrivons à accéder au fjord, nous n'y resterons pas, juste pour validation et photos et nous ressortirons le plus vite possible. Encore faut-il pouvoir accéder à l'entrée… Nous verrons.


14 août - 11:30 heure locale

Nous voilà donc à Grise fiord. Nous n'avons pas encore débarqué. Le temps est calme et gris et l'ensemble n'est pas spécialement engageant. Pas de chiens, pas de bateaux et pas de couleurs dans le village. Une plage sur laquelle se brise le clapot. Elle est frangée de rochers à marée basse.
Grise Fiord est l'endroit attribué par le gouvernement canadien en 1953 à 8 familles inuits du nord Québec pour marquer sa présence en arctique pendant la Guerre Froide. En réalité, rien n'était prévu pour l'accueil de ces familles qui ont subi dans les faits une déportation, comme le gouvernement canadien l'a reconnu en 2008, et ne sont parvenues à survivre qu'en chassant les baleines.
allons nous réapprovisionner en fuel, nous verrons pour l'eau mais notre consommation a été raisonnable jusqu'à présent.


13 août - 19:50 heure locale

L'étude du modèle des vents (le « Grib ») de la journée me fait changer les plans de notre entrée dans le Jones Sound. Nous allons directement à Grise Fiord car il y a une journée et demie où nous devrions pouvoir accéder au village, suivi d'un bon coup de vent d'est qui pourrait être de nature à repousser la glace du fond du sound vers le détroit de Cardigan. Néanmoins les cartes de glace journalières ne nous donnent aucune visibilité du champ de glace dans l'ouest du Jones Sound, ce qui est frustrant. Le programme serait, selon les conditions de glace, le suivant : Grise Fiord demain le 14, Havn Fjord le 15 août, pause pour laisser passer le coup de vent le 16 et le 17, tentative d'approche de Goose Fjord. L'île Coburg serait donc prévue pour la sortie. Je préfère essayer de profiter de cette fenêtre potentielle, à confirmer en vue du champ de glace et de l'analyse de son étendue, sa concentration, sa constitution et donc de pouvoir juger de la possibilité que tout s'accumule dans le fond sud-ouest d'Ellesmere un moment. Nous nous faufilons sur la pointe des pieds pendant que le monstre dort en espérant avoir quitté la zone à son réveil… Si le champ est dense, ce sera difficile. Quoi qu'il en soit je prends l'option, nous nous plaçons au mieux pour un coup gagnant. Affaire à suivre donc.

Nous venons juste de mettre le moteur (19h00 locales), jusqu'alors nous étions à la voile avec une brise mollissante (8 nœuds tout de même) en milieu de journée, yankee tangonné et trinquette. Heureusement la visibilité est restée bonne et nous avons pu chaque fois négocier
correctement les quelques petites zones de glace. Les quarts de la nuit étaient fatigants à la veille, avec un plan d'eau couvert de moutons difficiles à distinguer de la glace. Nous sommes en approche du détroit du glacier qui marque la séparation entre les îles Coburg et Ellesmere puis la pointe du roi Edward et l'île Smith marqueront notre entrée dans le Jones Sound. Pour l'heure le village de Grise Fiord est à 72 nautiques. Nous devrions y arriver vers 5-6 heures demain matin.


12 août - 18:40 heure locale

Belle balade à Etah aujourd'hui. La végétation est ici luxuriante par rapport au reste de la région, assez fréquentée et fertilisée par chacun de son vivant et même après. Nous avons vu des boeufs musqués, des lièvres, des oies, des corbeaux, des goêlands, des mergules pour le vivant et beaucoup de carcasses, os, morceaux de peau, excréments pour les traces. Bien que la floraison soit finie pour la plupart des plantes, on peut encore voir quelques cassiopes tétragones encore en clochettes, du saxifrage gazonnant et à feuilles opposées en fleurs. Les autres espèces sont en période de germination avant que le froid n'arrive. Des lichens orange vifs colonisent les falaises et éboulis et donnent au paysage un côté souriant pour peu qu'il y ait un rayon de soleil. Sur la plage, non loin du torrent glaciaire, trois cabanes tombent doucement en ruine. Deux d'entre elles sont faites de planches et de tourbe et sont ouvertes à tous vents tandis que la troisième peut toujours accueillir quelques personnes pour la nuit. En revanche elle est mal tenue, chacun a laissé quelques vivres (cartons de pemmican encore pleins…), mais on sent bien que personne ne vient régulièrement entretenir ou nettoyer. Sur le retour, le vent s'est mis à souffler et la pierre sur laquelle nous nous étions amarrés a commencé à bouger. Nous avons donc tout largué et surveillons le mouillage car nous tirons à contre-pente et devons anticiper notre départ pour l'île Coburg, Canada, à 180 milles d'ici. Nous devrions avoir du vent portant mais on a vu depuis les hauteurs quelques plaques de glace assez larges. Le vent de nord devrait nous permettre de garder une bonne visibilité.


11 août - 18:50 heure locale

Nous arrivons à Etah, Groenland, par le détroit de Nares, la traversée entre le Canada et le Groenland est une histoire de quelques milles. Etah est un village abandonné depuis la fin des années 1980, localisé dans le Foulke fjord, et le point de peuplement non saisonnier le plus septentrional du Groenland, par périodes et remontant à moins 4 400 ans av. J-C. Etah a été une base pour les expéditions de Knud Rasmussen, Robert Peary, MacGregor et d'autres. Les conditions de traversée sont idéales, contrairement à l'arrivée à Fram Haven de la veille. Grand beau, yankee, trinquette, 5-6 nœuds, mer plate, un pur bonheur. Le fjord n'est néanmoins pas hydrographié et requiert notre attention.



11 août - 10:00 heure locale

Grand beau aujourd'hui sur Fram Haven. Notre arrivée est fêtée avec l'équipe d'Under the Pole qui navigue à bord du Why, de belles retrouvailles au bout du monde.


10 août 2014
78°45'N - 074°43'W, île Pim
Arrivée à Fram Haven, dans l'ouest de l’île Pim, le premier port d'hivernage, et point culminant en latitude, de la 2ème expédition du Fram.

L'étape de 115 milles nautiques s'est faite essentiellement par petit temps avec quelques icebergs ou floes très espacés, mais nous retrouvons les plaisirs de la navigation arctique durant les 4 dernières heures. Le vent rentre de sud comme une furie tandis que deux ceintures de glace denses se dressent sur notre route. La zone est non hydrographiée et notre approche se fait vent arrière…
Une étude du plan d'eau depuis le mât ne laisse voir aucun espace entre la glace et les premiers reliefs du détroit de Rice qui sépare l'île Pim de l'île Ellesmere. Pendant un instant nous envisageons de relâcher dans la baie de Rosse au vent du glacier en attendant l'accalmie. Le temps joue pour nous, le vent repousse la glace vers l'est et doit nous ouvrir un chenal.
Bientôt, avant même de prendre notre mouillage d'attente, nous apercevons une bande d'eau libre menant directement jusqu'au détroit. Nous nous y engageons sans tarder. Sur la première plaque de glace, un ours polaire nous accueille, apparemment à la sieste, il se lève et décide de changer de plaque.

Dans le détroit, le radar nous aide à tenir le milieu, la cartographie présente un décalage important avec le GPS. En s'engouffrant entre les deux îles, le vent déjà violent redouble d'intensité. Sur les berges escarpées, l'eau arrachée au fjord par le vent s'envole en tourbillon tandis qu'au loin, l'eau d'une cascade jaillissant du plateau d'altitude subit le même sort. La force de gravité s'efface un instant au profit d'un balai vertical de sens opposé. Vent arrière, à sec de toile et moteur au point mort, nous approchons à 9,5 nœuds du premier port d'hivernage du Fram.
En entrant à droite, des rochers émergents nous incitent à serrer l'autre côté. Le vent diminue d'intensité mais reste puissant. En l'absence de documents, je fais une confiance aveugle à Otto Sverdrup et dirige l'étrave de Southern Star vers le fond de la baie. Nous mouillons par 23 mètres de fond. L'ancre accroche mais nous conservons un quart de veille pendant deux heures supplémentaires, les premiers cailloux ne sont pas loin derrière. La tombe du médecin de l’expédition du Fram est là, à gauche, validant l’endroit. Nous sommes arrivés.


9 août 2014
77°37'N - 071°12' W

Minuit
Finalement la météo prévoit un fort vent contraire. Nous envisageons, si c'est le cas, de relâcher quelques heures dans une petite baie (Pitoravik) dans l'est du cap Chalon. Nous avançons en zone peu hydrographiée, le barreur ne lâche pas le sondeur qui pour l'occasion devient l'instrument essentiel de navigation. Les autres instruments sont très importants également : le radar, qui permet de voir les icebergs lorsque la visibilité se ferme et ainsi conserver avec chacun la distance de sécurité nécessaire ; le GPS, qui continue de nous donner une route stable malgré 80° de déclinaison magnétique. Nous devrions retrouver la banquise entre Etah (Groenland) et l'île Pim. Pour l'heure tout est calme, une petite houle de nord nous ballote tranquillement et les icebergs nous montrent d'éventuels hauts fonds lorsqu’ils sont rassemblés en rangs serrés.

15h
Southern Star a pu faire le plein de fuel à couple du tanker ravitaillant Qaanaaq directement hier et le nouvel équipage a pu rejoindre le bord dans des conditions ventées et houleuses. Cap sur l’île Pim à 115 milles nautiques, à l’est d’Ellesmere et premier port d’hivernage du Fram, pour profiter d’une fenêtre météo moins difficile que ce que prévoit le modèle dans les prochains jours.


6 août 2014
Qaanaaq

Le port de Qaanaaq est très petit et offre une protection minimale contre le vent pour des bateaux à faible tirant d’eau. Nous devons donc rester à l’ancre et les différents ravitaillements en fuel et eau seront certainement sportifs. Le trafic aérien est également perturbé apparemment en raison de mauvaises conditions de visibilité dans les villes plus au sud et le changement d’équipe de Southern Star en est affecté.


5 août 2014
Qaanaaq

Arrivée à Qaanaaq à 22:20, la mise en place du mouillage a été laborieuse. Nous n'avons pas trouvé une zone correcte et nous avons donc mis une amarre à terre avec l'ancre devant pour arriver à tenir. Nous nous trouvons au pied de falaises de grès rouges, époustouflantes, chaotiques, grandioses. Quelques gros morceaux de glace sont venus troubler le calme de notre havre et les perches ainsi que le dinghy ont été nécessaires pour en venir à bout. Nous avons pu dormir quelques heures.


4 août 2014
77°26' N - 068°22'W

3 août 2014
77°08' N - 070°48'W

Après avoir quitté Thulé où nous avons eu un très bon accueil, une navigation toute la « nuit » nous mène devant le village abandonné de Moriussaq, mais qui s’avère malsain. Courant, fonds incertains, eau trouble, glace, bref rien qui ne vaille la peine de s'arrêter. Nous continuons donc vers le nord jusqu'à la baie de Barden dans laquelle nous mouillons à 05h30 ce matin (77°08'N - 070°48'W). Nous allons nous balader sur les bords du glacier. L'environnement est extravagant, des grés (probablement) teintent les falaises et les eaux du fjord de tons ocre et rouge. D'immenses éboulis définissent des pentes moins raides tandis que les couches sédimentaires encore solides dévalent à angle droit avec la ligne d'horizon. Nous avons un peu l'impression d'être sur une autre planète.


2 août 2014
76°37' N - 069°28'W

1er août 2014
76°33'N - 068°47'W
Dundas, Port de North Star Bugt

Southern Star est mouillé à ½ mille de la base américaine de Thulé, devant le vieux village de Dundas.
C'est là où Knut Rasmussen et Peter Freuchen avaient établi leur comptoir danois, c’est également là que Jean Malaurie a fait escale lors de sa première mission polaire en 1951. Un endroit spécial et chargé d’histoire. On en a tellement parlé de cette base du bout du monde qu’être là, l'avoir sous les yeux, nous parait un peu irréel, ou tout simplement difficile à réaliser.


31 juillet 2014
76°09'N - 068°28'W

30 juillet 2014
75°56'N - 065°53'W

29 juillet 2014
75°51'N - 064°04'W

28 juillet 2014
75°29'N - 060°12W

27 juillet 2014
73°13'N - 057°20'W


24 juillet 2014
Upernavik

Nous sommes en stand by à Upernavik. L'avion venant d'Ilulissat n'a pas pu se poser pour cause de brouillard et nos deux équipiers n'ont toujours pas pu rejoindre le bord.
Affaire à suivre demain. Le vent de nord devrait faire lever le brouillard. Nous croisons les doigts.


20 juillet 2014 /21h35 UTC
Upernavik

20 juillet 2014 /21h35 UTC
72°44'N - 056°14'W

19 et 18 juillet 2014
72°09'N - 055°31'W

17 juillet 2014 /21h40 UTC
71°04'N - 052°46'W

Nous quittons la baie d'Ummannaq dans le calme absolu. De loin en loin, quelques souffles de petits rorquals accentuent l'aspect grandiose de cette baie. Le minéral s'exprime ici sans détour et lance des pics acérés et verticaux qui parfois abritent un glacier d'altitude. Le massif vertical se jette dans les eaux couvertes d'icebergs qui explosent, craquent et basculent.


16 juillet 2014 /21h50 UTC
71°02'N - 051°28W

15 juillet 2014 /21h20 UTC
71°07'N - 051°26'W

14 juillet 2014 /22h10 UTC
71°00'N - 052°14'W

13 juillet 2014 /21h30 UTC
70°36'N - 051°47'W

Après une journée passée sur Ummannaq, nous reprenons la route vers l'intérieur. Un réseau de fjord d'une grandeur et d'une beauté inouie, icebergs gigantesques et falaises verticales de plus de 800 mètres nous donnent l'impression de déambuler dans un monde de géant.


12 juillet 2014 /21h40 UTC
70°44'N - 052°22'W

11 juillet 2014 /21h50 UTC
69°39'N - 051°36'W

Ilulissat disparait dans le lointain alors que nous nous engageons dans le détroit de Vagiat entre le Groenland et l'île de Disko. Depuis le départ, les icebergs immenses accompagnent notre route. Le temps est au grand beau.
A une occasion, la vigie nous indique la route du haut du mat et nous permet de nous faufiler avec succès dans les méandres de ce labyrinthe géant.


6 juillet 2014 /16h00 UTC
Ilulissat

5 juillet 2014 /21h50 UTC
69°20'N - 050°57'W - Rodebay

Nous sommes mouillés ce soir à 9 nautiques au nord d'Illullisaat devant le minuscule village de Rodebay blotti au coeur d'une baie bien protégée des glaces qui encombrent l'extérieur de la côte à cet endroit. Les baleinesà bosse étaient au rendez vous juste devant la barrière d'icebergs échouée sur la moraine du Jacobshavnbreen.


4 juillet 2014 /21h50 UTC
69°08'N - 053°32'W

3 juillet 2014 /21h55 UTC
QEQERTARSUAQ HARBOR (SOUTH DISKO ISLAND)

Nous sommes arrivés ce matin à Qeqertarsuaq anciennement Godhavn, dans le sud de l'île de Disko, ce fut la deuxième escale du Fram au Groenland.


2 juillet 2014 /21h45 UTC
69°01'N - 053°17'W
KRONPRINSENS EJLAND / EAST OF IMERIGSOQ ISLAND

Nous sommes mouillés pour la nuit dans un minuscule archipel au centre de la baie de Disko, plusieurs icebergs sont échoués sur les hauts fonds alentour.


1er juillet 2014/ 21h50 UTC
68°42''N - 052°52'W / AASIAAT HARBOR

Nous sommes arrivés il y a un instant à Aasiaat, dans le sud de la baie de Disko. Premier rendez vous historique donc avec le Fram. Nous avons pu observer 5 baleines à bosse aujourd'hui. Les icebergs sont désormais présents à chaque instant.


30 juin 2014 /21h50 UTC
68°14,5'N - 053°36'W

Nous sommes en approche du village d'Aassiaat (Egedesminde) que nous toucherons probablement demain après midi. Ce fut la première escale du Fram au Groenland lors de sa 2ème expédition. Nous allons trouver un mouillage nous servant de bivouac pour la nuit et nous continuerons demain.
Nous progressons dans un labyrinthe immmense d'îles basses. La brume ne nous empêche pas de profiter des icebergs de plus en plus nombreux et des baleines à bosse présentes également régulièrement au cours des dernières heures.


29 juin 2014/ 22h00 UTC
67°49'N - 053°45'W

28 juin 2014
66°52'N - 053°33'W

Nous avons quitté Sissimiut il y a deux heures pour rejoindre une baie bien protégée et attendre que s'évacue le coup de vent qui souffle depuis hier. Nous reprendrons la route demain matin vers le nord.


26 juin 2014 / 18h15 TU
66°31'N - 053°58'W (à 2 milles dans le sud du cercle polaire)

Nous avons appareillé hier à 17h00 TU de Nuuk poursuivant notre route vers le nord. La glace reste à une soixantaine de milles au large et nous permet de progresser sans difficulté. Quelques icebergs sont visibles de loin en loin. Nous devrions arriver à Sissimiut dans la soirée.


22 Juin
NUUK

A 12h50 local, 16h50 heure française, nous sommes mouillés au fond du Kobbefjord (64°08',7N - 051°24',7W) dans l'est de Nuuk.
Une journée de calme qui marquera la fin de la deuxième étape de l'expédition après l'effervescence de la ville hier à l'occasion de la fête nationale Groenlandaise. le temps est au beau fixe et nous avons pris notre premier déjeuner dans le cokpit. Retour prévu à la capitale ce soir.


21 Juin
NUUK

C'est la fête nationale aujourd'hui au Groenland, c'est pourquoi nous sommes arrivés plus tôt. La dernière étape depuis Qeqertatsarsiatt était contre le vent avec un clapot court et abrupte, heureusement que Southern Star passe bien dans la vague. En revanche l'arrivée à travers l'archipel qui mène à Nuuk avec soleil, lune, eau plate, petite brise et montagnes découpées sur ciel écarlate était de toute beauté. Nous sommes arrivésà 04h00 du matin.


20 Juin
63°40'N - 051°55'W

Grand beau. Journée de près serré dans un clapot haut et rapproché. De loin en loin quelques icebergs jalonnent notre route.


19 Juin
63°05'N - 050°41'W

Nous sommes arrivés à 03h30 du matin dans la petite communauté de Qeqertarssuatsiat (nom danois: fiskenaesse)t, village au maisons bariolées.
200 personnes vivent là. L'accueil des villageois est chaleureux. Tout est paisible, petit à petit les gens sortent et viennent à notre rencontre.


18 Juin
62°04'N - 049°57'W

Nous avons quitté Paamiut il y a deux heures environ. Super halte, bel accueil, des gens sympas, curieux. Au moment du départ, quelques voitures se sont données le mot pour nous dire au revoir à grand coup de klaxon.


17 Juin
61°48'N - 049°50'W

Nous sommes à 2h30 de route de Paamiut (Frederikshab). La mer est d'huile, tout est calme, notre première étape groenlandaise approche.


16 Juin
60°44'N - 049°32'W

Le contournement de la glace avec un brouillard épais par moment nous a donné pas mal de fil à retordre. Nous parons actuellement les derniers glaçons et filons droit au nord en direction de Paamiut (Frederikshab).


15 Juin
59°17'N - 045°35'W

Cette nuit les reliefs découpés et acérés de la région du cap Farwell étaient visibles. La nuit que nous avons retrouvé en passant le 60ème n'est pas très sombre. Nous longeons la banquise qui s'aligne dans notre nord en grandes lignes denses, formant des ceintures succesives.
Le brouillard nous oblige parfois à changer notre route devant une barrière de glace. La température est tombé subitement hier soir en approche de la banquise jusqu'à zéro degrès.


14 Juin
60°07'N - 040°37'W

Nous entrons doucement dans un coup de vent qui devrait nous mener jusqu’à la limite des glaces du cap Farewell dans une dizaine d’heures. La veilleà l’iceberg est attentive.


13 Juin
61°32'N - 036°26'W

Brouillard et pluie nous accompagnent, les échanges thermiques entre l'eau et l'air nous confirment la proximité du Groenland. Le radar veille un éventuel iceberg.


12 Juin
62°42'N - 031°15'W

Une baleine passe à proximité sans que l'on puisse l'identifier, trois globicéphales en route vers le nord croisent notre sillage.


11 Juin
63°41'N et 025°44'W

La journée du mardi s'achève presque quand nous appareillons de Reykjavik.
Bien qu'il n'y ait pas de nuit, le soleil se couche un instant au pied de Snaefellsjökull au nord de Reykjavik. Ce volcan a inspiré Jules Verne pour son "Voyage au centre de la terre". Le houle et le soleil tangeant nous permettent d'observer le rayon vert à trois reprises.


4 Juin
Reykjavik


3 Juin
64°38'N - 023°37'W

En route directe sur Reykjavik. Juste dans le sud du Snaefellsjokull, le volcan qui a inspiré Jules Verne pour "Voyage au centre de la terre". Ses flancs sont encore recouverts de neige.
Nous devrions arriver à la capitale vers 23h00 HF (21h local).

1er Juin (Tromsø - Isafjordur)
66°31'N - 018°32'W

36 heures d'attente au départ de Norvège nous permettent de laisser évacuer un flux de vent contraire. Depuis Sommaroy, nous sommes aux premières loges pour sentir les conditions du large. Dès la renverse et une fois les récifs de l'île dégagés, nous pouvons tirer profit d'un vent musclé. Question route et vitesse, tout est en ordre, en revanche les estomacs sont menés à rude épreuve. 5 nœuds de vent portant ne rassemblent pas les meilleurs arguments pour un amarinage en douceur.
Il suffit pourtant de quelques heures pour que chacun retrouve ses couleurs. A bord tout le monde est heureux de partir sur les traces de la seconde expédition du Fram. Le reste de la traversée se passe sans encombre. Nous pouvons observer à loisir des nombreuses baleines à bosse. nous atterrissons cinq jours et demi plus tard sur la petite île de Grimsey en Islande. Le cercle polaire passe juste sur l'île qui abrite une communauté de 70 âmes, quelques moutons et chevaux et des milliers d'oiseaux. Mouettes tridactyles, sternes arctique, guillemots, fulmar, macareux sont rassemblés sur les falaises qui bordent la majorité de l'île. Tout ce monde cohabite dans le doux vacarme familier des périodes de nidification. Cette journée passée sur Grimsey est un vrai charme. Le temps est au beau fixe et nous lézardons tous de bon cœur à la terrasse du restaurant après avoir fait le tour de l'île.
Au petit matin, pluie et brouillard posent le décor de notre prochaine étape vers Isafjordur. Nous passons au pied de la péninsule de Hornstrandir sans même l'apercevoir et arrivons dans la "capitale" du nord-ouest de l'Islande. La ville de 2900 habitants reste à découvrir dès que nous aurons fait un petit somme.


31 mai
66°31'N - 018°32'W

Nous avons quitté Grimseyen en début d'après-midi.
Des nouvelles plus détaillées de notre 1ère escale et de notre expédition.
A suivre demain...


30 mai
66°32'N - 018°01'W

Nous sommes arrivés il y a une heure, 7h40 heure française, sur la petite île de Grimsey.
Le port est minuscule, nous sommes amarrés moitié dehors en bout de jetée.
Nous allons dormir un peu avant de partir visité l'île.


29 mai
A 09h45 heure française, nous sommes par 67°12'N et 013°07'W en route à 8 nds dans un brouillard épais vers l'île islandaise de Grimsey sur laquelle passe le cercle polaire. Tout va bien à bord.


28 mai
A 11h15 nous sommes par 67°53'N et 007°45'W en route au 285.
Mer belle, brise de SW, nous sommes à 255 milles de Husavik, le village sur lequel nous aimerions atterrir.

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