En complément de notre programme habituel de séjours de plein air tels que nous les proposons depuis 20 ans, la découverte de la sophrologie fait désormais partie de notre offre pour toutes et tous.

 Un séjour au programme 2023 pour commencer en 5 dates : Semaine découverte de la sophrologie, nature et détente à Sommarøy, rando, kayak à voile, vélo. Par demi-journée, relaxation, acquisition des premiers outils de sophrologie.

 
Cette initiation à la sophrologie pour tous se déroule indépendamment de notre activité « Préparation mentale du sportif » destinée aux sportifs et SHN tout au long de l’année. Pour plus d’infos voir « le coin des sportifs« .

Présentation générale de l’enseignement de la sophrologie dans notre centre et le développement de la sophrologie du sport

 

La sophrologie psycho comportementale : 

La sophrologie, comme le yoga ou la méditation, peut se pratiquer au quotidien. Il n’est pas nécessaire d’attendre les dysfonctionnements habituels pour lesquels les gens se tournent vers un(e) sophrologue pour commencer à pratiquer. Agir de manière préventive est plus facile pour garder le cap et éventuellement redresser la barre . C’est une discipline qui est peu chronophage car elle s’insère facilement dans le déroulé d’une journée normale.  Elle permet d’atténuer, voire résoudre, avec un peu de pratique, les problèmes liés au stress,  gestion des émotions, confiance en soi,  concentration, etc. 

La sophrologie démarre par le corps, s’y ancre profondément pour prendre de la distance par rapport au mental. Elle propose d’intérioriser le regard, de se tourner vers l’observation du corps, de la respiration et du ressenti, de renouer avec le schéma corporel et d’avoir un langage intérieur acceptant et acceptable puis d’accéder à un état de conscience qui permet d’être pleinement dans ce que l’on fait de manière douce, naturelle. Ainsi, le mieux-être s’impose au sujet qui en prend conscience en poursuivant le travail d’observation, en remarquant que les émotions, les pensées ont changé sans que cela soit passé par l’esprit. Le mieux-être s’invite furtivement, en douceur et occupe de plus en plus de place dans l’espace immense de l’intériorité. Les émotions ou pensées négatives ne figurent plus au premier rang des préoccupations comme avant. Elles sont acceptées, surmontées, dépassées et font de moins en moins l’objet d’attention.

La sophrologie psycho-comportementale s’appuie sur quatres piliers : le schéma corporel, la réalité objective, l’action positive et l’adaptabilité. Elle se distingue du courant Caycédien en intégrant et enrichissant sa pratique d’autres méthodes et outils utiles pour  la résolution de problèmes entrants dans le champ de l’accompagnement en sophrologie. Chaque accompagnement individuel fait l’objet d’un protocole personalisé puisque chaque personne est différente. C’est une approche centrée sur la personne qui permet de ne plus subir sa vie mais de la prendre en main et de devenir autonome. 

La sophrologie psycho comportementale a pour but de renforcer les structures de la personnalité, de dynamiser les qualités et ressources de l’individu. Elle propose d’explorer la version « Et si ça se passait bien ? » plutôt que la version « Et si ça se passer mal ». Il ne faut toutefois pas confondre cela avec une pensée magique, ni une passive contemplation dans un calme intérieur auto-proclamé. Ce calme existe, bien entendu ! c’est un espace précieux de ressourcement mais il doit être ressenti, vécu et non pensé. La sophrologie psycho-comportementale amène à regarder les choses en face, pour ce qu’elles sont. Il est relativement facile d’identifier et de nommer ce qu’on ne veut plus, mais il est souvent plus difficile de savoir ce que l’on veut. Il n’est pas rare que les objectifs initiaux évoluent au cours d’un accompagnement 🙂 

 

Olivier Pitras : Quelle a été ma motivation pour devenir sophrologue ?

Je suis éducateur sportif et skipper professionnel depuis 40 ans. J’ai vu passer un nombre incalculable d’équipières et d’équipiers à mon bord et j’ai toujours été fasciné par la richesse des différentes personnalités que j’ai pu côtoyer durant ces années. 

Je me suis toujours employé, avec beaucoup de plaisir, à accueillir mes équipes et mes clients afin que chacun trouve une place à sa mesure, de manière harmonieuse, dans l’équipage. Une équipe est pour moi une somme d’individualités qui partagent le même objectif. 

La prise en charge des clients, notamment les moins expérimentés, était un véritable accompagnement. La vie à bord d’un voilier est radicalement différente de la vie à terre et je trouve très intéressant de mettre en place les conditions pour que les moins aguerris réussissent à dépasser leurs craintes et à vivre ces changements avec sérénité surtout quand le large et le mauvais temps sont de la partie. Quel que soit l’environnement, ce besoin d’accompagnement est naturel quand une personne l’expérimente pour la première fois. Il me semble en revanche primordial quand il s’agit d’organiser un espace de confort au coeur d’un coup de vent. 

En 2015, nous avons créé “69Nord Sommarøy Outdoor Center” pour accueillir avec la même philosophie une clientèle nature en recherche d’authenticité. Avec mon épouse, nous voulions créer un lieu de bien-être en toute simplicité, sans luxe ni faux-semblants. 

À titre personnel, je désirais initialement structurer les pièces d’un puzzle démarré à l’âge de 18 ans grâce à la lecture d’un livre qui m’avait initié aux vertus de la respiration, du relâchement musculaire et des visualisations positives. J’ai utilisé ces techniques toute ma vie ; elles m’ont souvent servies lors de mes expéditions polaires et dans la vie en général. 

C’est ainsi que je me suis intéressé à la sophrologie et inscrit à l’EFDS (École Française De Sophrothérapie). La philosophie de la Sophrologie Psycho-Comportementale, le ton donné par l’équipe pédagogique et leur grande honnêteté intellectuelle m’ont immédiatement séduit. J’ai réalisé, chemin faisant, que cette nouvelle aventure m’offrait la chance de pouvoir assembler les pièces de mon puzzle et m’offrait également une remarquable occasion de pouvoir intégrer ces acquis au coeur même de mon activité professionnelle. Je me retrouvais au terme de ma formation, sophrologue certifié (certification RNCP, spécialisation préparation mentale du sportif),  équipé d’une caisse à outils, véritable couteau suisse des techniques permettant de mobiliser ses ressources, qui répondait à tous points de vue aux règles d’éthique et de déontologie que j’ai suivies jusqu’alors pour traverser la vie.

 

Les textes ci dessous sont repris et dévellopés dans « Le coin des sportifs » (préparation mentale du sportif)

La sophro-pédagogie sportive :

Pourquoi me suis-je spécialisé en sophrologie du sport et en préparation mentale du sportif 

 

Ce choix m’est apparu comme naturel. C’est en faisant du sport, c’est à dire en utilisant mon corps pour jouer, dans l’effort, la méthode et l’engagement que m’est venu, en fin d’adolescence, un besoin de développement personnel. Je sentais que l’activité corporelle me conduisait vers cette démarche. 

Cette période m’est immédiatement revenue en mémoire quand j’ai commencé à pratiquer la sophrologie. C’était pour moi une forme de continuité fluide et naturelle.

Les résultats obtenus par la sophro-pédagogie sportive sont considérables en terme de performance mais surtout de plaisir et d’accomplissement pour les sportifs.

Je suis moi-même surpris de voir les capacités et la rapidité de progression chez des sportifs que j’accompagne.

Selon Wikipédia, «la préparation mentale est un entrainement qui consiste à développer les habiletés mentales et cognitives dans l’objectif d’optimiser la performance personnelle ou collective du ou des sportifs tout en favorisant le plaisir de la pratique et l’autonomie».

C’est un travail d’équipe entre le(s) sportif(s), l’entraineur, le sophrologue.

La préparation mentale relève d’une approche pédagogique en vue d’accompagner le sportif (elle ou il) afin qu’il donne le meilleur de lui même, qu’il utilise au mieux ses ressources dans le cadre des entrainements et des compétitions. 

L’apprentissage de la sophrologie et sa pratique régulière a déjà largement fait ses preuves ces cinquante dernières années auprès de sportifs jusqu’au plus haut niveau.

 

Pourquoi un focus particulier sur la course au large même si je suis ouvert à l’accompagnement des autres sports ?

Même si le sophrologue n’a pas besoin de connaître le sport pratiqué par la personne qu’il ou elle accompagne, puisque toutes les informations viennent du sportif lui même, il n’en reste pas moins probable que pour un coureur au large, être suivi par un sophrologue qui a une longue expérience de la navigation au large (solo ou équipage) et qui maitrise le jargon de la discipline seront autant de facteurs favorisant la mise en place de la relation. 

 

Extrait du livre «La Voie des glaces», Olivier Pitras, éditions Transboréal, page 210
Récit de l’expédition «Trans-Arctique 99» 

À bord le dimanche 22 août 1999

Extrait du livre de bord:

« La nudité effroyable de cet univers désert et rude n’enlève étrangement rien, bien au contraire, au charme irrésistible qui s’en dégage. Cet envoûtement, cette fascination presque charnelle, repose sur le fait qu’ici, la nature hostile nous renvoie de plein fouet, sans détour ni concession, l’image de notre fragilité. Cette évidence de chaque seconde en révèle une autre, qui tient du miracle: la conscience, conscience de soi, conscience en action, l’esprit, sa formidable puissance, ses inépuisables ressources dans la lutte pour l’existence. C’est l’hymne à la vie. Cette expédition, quel qu’en soit le dénouement, me fait découvrir une dimension spirituelle plus élevée. Certains pourraient y rencontrer Dieu ou la foi. Je me contente, sans m’en apercevoir vraiment, de mener mon voyage intérieur en parallèle avec la grande bagarre du dehors. J’y gagne, je crois, en ténacité et confiance en moi mais aussi en tolérance et humilité, en amour pour la vie et pour son cortège hétéroclite, tout simplement. Savoir que la voie est libre de glace jusqu’à Gjoa Haven m’a permis de prendre ce recul par rapport à notre engagement de tous les instants. Nous devrions arriver à l’escale en début d’après-midi. Je suis heureux. Il était déjà tellement improbable de parvenir jusqu’ici. Tous les espoirs demeurent de mise pour la réussite de notre défi. En son temps, Willy de Roos n’avait atteint Gjoa Haven depuis l’Atlantique que le 23 août. C’est bon signe. »

Ma main était si engourdie par le froid quand j’ai écrit ces lignes que j’ai eu du mal à me relire pour les mettre au propre.

Olivier Pitras